Interview | The Captain and me … et beaucoup d’autres !
Le groupe du mois de Net Emergence vient de Norvège mais joue de la musique des balkans. Morten , le cofondateur du groupe a accepté de répondre à quelques questions. Ouvert et sincère si vous voulez savoir. The Captain and Me aimerait bien venir jouer en France ! Si vous aussi vous avez envie de les voir…

The Captain and Me : d’où vient le nom ?
Le nom vient d’un album de The Doobie Brothers qui date de 1973. Quand on a choisi ce nom, nous n’étions que deux (Even et moi) à jouer, et nous pensions que c’était un nom sympa pour un duo. Actuellement nous sommes 9 dans le groupe.
Et d’où vient The Captain and me ?
Nous sommes basés à Oslo en Norvège. Bien que certains des gars soient de Bergen, Trondheim, Larvik et d’autres lieux en Norvège.
“balkan country 4 life” peut-on lire sur votre site. Quelle est votre histoire avec les balkans et leur musique ?
C’est assez simple en fait. Il y a quelques années, nous avons découvert la musique de Goran Bregovic et Boban Markovic. Bien sûr, on l’a aimé tout de suite et on a voulu essayer de jouer dans cet esprit. Conscients que nous n’avions aucune chance de paraitre authentiques. Alors nous avons biaisé et essayé de mixer cette musique avec de la country et d’autres styles, et nous l’avons appelé balkan music. Nous nous appelons entre nous le groupe norvégien le moins authentique.
Ceci étant, j’ai envie d’enlever cela du site. Nous ne faisons plus vraiment de la balkan-country. La musique que nous faisons aujourd’hui n’a rien à voir avec les balkans (ni avec la country d’ailleurs).
Un troisième album est en cours. Ca se passe comment ?
Ca va bien. On a commencé dans un chalet près de Vinstra, fin janvier. En une semaine on a posé les bases de 15 morceaux. 10 seront sur l’album qui devrait sortir en septembre en Norvège. Nous enregistrons le piano, les cuivres, l’accordéon et autres tout en écrivant les textes (oui, nous écrivons et arrangeons toujours la musique avec des “la-la-la” d’abord).
Ca sonne vraiment différemment de nos deux autres albums. Plus terre à terre, moins mouvementé. Une sorte de mélange bizarre de soft rock des années 70, de mariachi et d’afro-beat. Plus ou moins.
Des plans pour une tournée en France ?
Nous aimerions venir c’est clair. Invitez-nous et nous viendrons. Le plus proche d’un concert en France reste d’avoir conduit de nuit de Vienne à Bruxelles. Donc il est temps je pense.
Nous évoquons une tournée européenne mais pas vraiment de concret encore.
Internet a tout changé pour la musique : en bien ou en mal?
En bien définitivement. Il y a des aspects négatifs c’est certain, mais la possibilité de découvrir de la musique du monde entier en quelques clics est juste fantastique. The Captain & Me n’aurait certainement pas été le même sans la musique que nous avons découverte sur internet.
Qu’est qui ne va pas avec le business de la musique aujourd’hui ?
Eh bien surtout le fait que personne n’a donné un budget illimité à The Captain and Me.
En tant que Geek de la musique, j’aurai toujours une raison de me plaindre de l’échec de l”industrie musicale à reconnaitre tel ou tel talent évident, mais je pense que c’est juste comme ça et que ça a toujours été ainsi. Les grosses boites feront toujours des gros profits, et il y a tellement plus d’argent à faire en distrayant (bêtement) les gens qu’en les faisant réfléchir. Je suis assez vieux pour accepter ça maintenant.
Un artiste ou un groupe avec lequel vous rêvez de travailler ?
Il y en a plein bien sûr. Au moins en théorie. Je suis un grand fan de Neil Young et Tom Waits, mais je suis vraiment pas sûr que ce soit fun de bosser avec eux. Nous avons vu Femi Kuti jouer après nous au festival de Slottsfjell l’été dernier, et avons instantanément pensé que Femi Kuti, son groupe et The Captain & Me ferait un super mélange, mais avec le recul, je n’en suis pas si sûr. Ce serait vraisemblablement très chaotique.
Avoir Marc Ribot ou Nels Cline jouant un solo sur une chanson, serait vraiment génial, ou peut-être Dave Rawlings. Et on aimerait aussi beaucoup avoir Ornette Coleman faisant pour nous ce qu’il a fait sur cette super chanson de Joe Henry "Richard Pryor Addresses a Tearful Nation". Et puis écrire des chansons avec Jackson Browne il y a 35 ans, ce serait fantastique.
Quoi que non vraisemblablement.
Plus beau souvenir musical ?
Faire la première partie de Saint Thomas et jouer comme groupe d’accompagnement lors de sa tournée européenne. Malheureusement, il est mort avant que nous ayons eu la chance de finir l’album que nous avions commencé ensemble.
Un dernier mot pour Net Emergence ?
"And that’s not all. There will be snacks."
- Andrew Bird

crédit photo : Kjetil Gudem.


